Guide réglementaire

Certification HVE en viticulture : ce qu'exige le référentiel et le rôle du registre

Mis à jour le 3 août 2026 · 8 min de lecture

Qu'est-ce que la certification HVE, et à quel niveau se situe-t-elle ?

La Haute Valeur Environnementale (HVE) est le niveau 3 — le plus élevé — de la certification environnementale des exploitations agricoles. C'est le seul des trois niveaux qui donne droit à la mention « Haute Valeur Environnementale » et à son logo. La démarche est volontaire : elle ne s'impose à personne, mais elle valorise et fait reconnaître les pratiques d'une exploitation.

Les trois niveaux de la certification environnementale. Seul le niveau 3 porte le nom « Haute Valeur Environnementale ».
NiveauCe qu'il valide
Niveau 1Maîtrise de la réglementation environnementale (socle de la conditionnalité)
Niveau 2Respect d'un référentiel d'obligations de moyens (bonnes pratiques)
Niveau 3 — HVEObligations de résultats, mesurées par des indicateurs de performance environnementale

La viticulture est de loin le premier secteur concerné. Au 1er juin 2025, la France comptait 39 738 exploitations certifiées HVE, dont 62 % de viticulteurs (chiffres du ministère de l'Agriculture, publiés le 29 juillet 2025). Pour un domaine qui vend en direct au caveau, le logo HVE sur l'étiquette est un argument commercial concret.

Qu'est-ce qui a changé avec le référentiel rénové depuis 2023 ?

Depuis le 1er janvier 2023, un référentiel rénové s'applique à toute nouvelle certification, et il n'existe plus qu'une seule voie d'accès. Ce cadre découle du décret n° 2022-1447 du 18 novembre 2022 et de l'arrêté du même jour fixant les seuils de performance (publiés au Journal officiel du 22 novembre 2022) ; le ministère le désigne comme la « version 4 » du référentiel.

Le changement majeur est la suppression de la « voie B », qui permettait d'obtenir la certification sur deux seuls critères économiques (part des infrastructures agroécologiques dans la surface, poids des achats d'intrants dans le chiffre d'affaires). Accusée d'être une voie de « verdissement » trop facile, elle a été fermée aux primo-certifications. Reste donc l'ancienne voie A, seule porte d'entrée, plus exigeante.

En clair : une exploitation certifiée avant 2023 par l'ancienne voie économique a dû, à l'échéance de son certificat, basculer sur la voie de performance. Au 1er juin 2025, 82 % des exploitations certifiées relevaient déjà de ce référentiel rénové (ministère de l'Agriculture).

Comment obtient-on le niveau HVE ? Les quatre thématiques

La certification s'obtient en atteignant au moins 10 points sur chacune des quatre thématiques du référentiel. Il ne suffit pas d'être excellent sur une thématique pour compenser une faiblesse sur une autre : chaque thématique a son propre plancher. Les quatre sont évaluées par des indicateurs de résultat, pas par des déclarations d'intention.

Les quatre thématiques de la voie de performance (arrêté du 18 novembre 2022). Chacune doit atteindre au moins 10 points pour valider le niveau 3.
ThématiqueCe qu'elle mesure, en vigne
BiodiversitéPart d'infrastructures agroécologiques (haies, arbres, bandes enherbées), diversité de l'assolement et des cépages
Stratégie phytosanitaireIntensité de recours aux produits (IFT), surfaces non traitées, recours au biocontrôle, produits à risque évités
Gestion de la fertilisationMaîtrise et bilan des apports azotés, couverture des sols
Gestion de l'irrigation / de l'eauPilotage des apports d'eau et protection de la ressource

Que demande la thématique « stratégie phytosanitaire » en vigne ?

Elle mesure d'abord votre indice de fréquence de traitement (IFT) : le nombre de doses de référence de produits phytopharmaceutiques appliquées par hectare sur une campagne, comparé à une référence régionale. Plus votre IFT est bas par rapport à cette référence — que le ministère a revue à la baisse avec le nouveau référentiel — plus vous marquez de points. S'y ajoutent la part de vos surfaces non traitées et plusieurs leviers de pratique.

Quelques leviers de la thématique phytosanitaire en viticulture. Les valeurs de points varient selon les campagnes et la région — voyez la grille officielle en vigueur.
LevierEffet sur la note
Produits classés CMR de catégorie 1Exclus — leur usage bloque la thématique
Ne pas recourir aux produits CMR de catégorie 2Rapporte des points
Biocontrôle et méthodes alternatives (dont désherbage mécanique intercep)Rapporte des points
Surveillance active des parcelles (outils d'aide à la décision, bulletins de santé du végétal)Rapporte des points
Enherbement de plus de la moitié de la surfaceValorisé au-delà de 50 % de la surface (contre 25 % dans l'ancien référentiel)

Le classement CMR d'un produit joue donc à deux titres : il pèse sur votre note HVE et il impose, par ailleurs, une distance de sécurité riverains incompressible. Pour savoir lesquels de vos produits sont concernés, voyez notre guide des produits CMR en viticulture.

En quoi le registre des traitements est-il la clé de la certification ?

Parce que l'évaluation de la thématique phytosanitaire se fonde sur votre cahier d'enregistrement des traitements. L'IFT ne se déclare pas de mémoire : il se calcule, traitement par traitement, à partir des produits, des doses et des surfaces que vous avez consignés au fil de la campagne. Le jour de l'audit, l'organisme certificateur remonte à cette source pour vérifier vos indicateurs.

Autrement dit, un registre incomplet ne fragilise pas seulement votre conformité réglementaire : il rend votre IFT invérifiable, et donc votre note phytosanitaire indéfendable. À l'inverse, un registre tenu au fil de l'eau — chaque traitement saisi avec sa dose et sa parcelle — fournit un calcul d'IFT prêt à présenter, sans reconstitution de dernière minute avant l'audit.

C'est précisément ce que fait un registre numérique comme Serment : il enregistre chaque traitement en trente secondes depuis le téléphone, avec la dose homologuée issue d'E-Phy, et conserve l'historique exploitable. Pour la méthode de tenue, voyez notre guide comment remplir son registre phytosanitaire.

HVE et registre numérique 2027 : deux obligations à ne pas confondre

La HVE est une certification volontaire ; le registre numérique de 2027 est une obligation légale qui s'impose à tous. Les deux sont distinctes, mais elles se rejoignent sur un point : la qualité de votre enregistrement des traitements.

  • Le registre numérique devient obligatoire pour tout utilisateur professionnel de produits phytopharmaceutiques au 1er janvier 2027 (règlement (UE) 2023/564, arrêté du 24 décembre 2025) — que vous soyez certifié ou non. Détail dans notre guide du registre numérique 2027.
  • La HVE reste facultative, mais elle exige des indicateurs — IFT en tête — que seul un registre tenu proprement permet de justifier.

Concrètement, le vigneron qui se met en règle pour 2027 avec un outil numérique prépare, du même geste, la matière de son audit HVE. À ne pas confondre non plus avec le contrôle de l'administration : l'audit HVE est mené par un organisme certificateur, tandis que le contrôle phytosanitaire de la DRAAF relève de l'État.

La HVE donne-t-elle droit à un avantage fiscal ?

Oui : un crédit d'impôt de 2 500 € est prévu pour l'obtention de la certification HVE, et il a été prolongé pour 2026 par la loi de finances. Il s'agit d'un avantage attaché à la primo-certification (l'obtention initiale), non reconductible chaque année. Son montant est plafonné à 5 000 € lorsqu'il se cumule avec le crédit d'impôt en faveur de l'agriculture biologique.

Les modalités exactes (année d'imputation, cas des GAEC, articulation avec le crédit bio) sont précisées par l'administration fiscale au Bulletin officiel des finances publiques. Cet avantage ne se substitue pas à l'intérêt premier de la démarche, qui reste commercial et environnemental — mais il en allège le coût d'entrée.

Questions fréquentes

La certification HVE est-elle obligatoire pour les viticulteurs ?

Non. La HVE est une démarche volontaire de valorisation. Elle est distincte de l'obligation légale de tenir un registre des traitements, qui, elle, s'impose à tous les utilisateurs professionnels de produits phytopharmaceutiques et devient numérique au 1er janvier 2027.

Qu'est-ce qui a changé pour la HVE depuis 2023 ?

Depuis le 1er janvier 2023, un référentiel rénové (décret et arrêté du 18 novembre 2022) supprime l'ancienne voie économique dite « voie B ». Il ne reste qu'une seule voie d'accès, par seuils de performance, autour de quatre thématiques : biodiversité, stratégie phytosanitaire, gestion de la fertilisation et gestion de l'eau. Chaque thématique doit atteindre au moins 10 points.

Pourquoi le registre des traitements compte-t-il pour la HVE ?

Parce que la thématique « stratégie phytosanitaire » est évaluée à partir de votre indice de fréquence de traitement (IFT), qui se calcule sur les produits, doses et surfaces enregistrés au fil de la campagne. L'organisme certificateur s'appuie sur le cahier d'enregistrement des traitements pour vérifier cet indicateur : un registre incomplet rend l'IFT invérifiable.

Un logiciel de registre suffit-il à obtenir la HVE ?

Non : la certification dépend de vos pratiques réelles (IFT, biodiversité, fertilisation, eau), pas d'un outil. Mais un registre numérique tenu proprement fournit un calcul d'IFT fiable et prêt à présenter le jour de l'audit, ce qui sécurise la thématique phytosanitaire et évite les reconstitutions de dernière minute.

Y a-t-il une aide financière pour se certifier HVE ?

Un crédit d'impôt de 2 500 € est prévu pour l'obtention de la certification, prolongé pour 2026 par la loi de finances. Il concerne la primo-certification et est plafonné à 5 000 € en cumul avec le crédit d'impôt agriculture biologique. Les modalités précises figurent au Bulletin officiel des finances publiques.

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Informations réglementaires données à titre indicatif, à jour au 3 août 2026(règlement UE 2023/564, arrêté du 24 décembre 2025). Elles ne se substituent pas aux textes officiels ni à l'avis de votre administration.